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Perturbateur endocrinien, chlore ou pesticide, l’eau du robinet est-elle dangereuse pour notre santé ?

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Médicaments, aluminium ou pesticide, la liste des molécules trouvées dans l’eau du robinet s’allonge avec les années. De plus en plus de Français se posent, à juste titre, la question : l’eau du robinet est elle sans danger ?

Traité dans l’un de nos précédent articles, l’eau du robinet fait toujours autant couler d’ancre.

À l’occasion du nouveau rapport Expert-12 de l’association Génération Future, nous tenions à re-faire le point sur les dangers que la consommation d’eau du robinet a sur la santé.

Une eau régulièrement contaminée

De plus en en plus d’études et d’ONG alertent la population sur la qualité de l’eau de ville. Déjà en 2011, le WWF publiait un inquiétant rapport.

L'auteur, Anne Spiteri, polytechnicienne et ingénieur en génie rural des eaux et forêts, partait du constat que, concernant la qualité de l'eau, seules des données officielles publiques existent. Aucune institution indépendante n’existant, la scientifique allait jusqu'à émettre des doutes quand à une volonté de désinformation.

En 2014, d’après les chiffres officiels du ministère des Affaires sociales et de la Santé, 94% de la population française a profité d’une eau conforme aux normes sanitaires en ce qui concerne les pesticides(1). Cela signifierait donc que 6% de la population, soit plus de 4 millions de français, auraient bu une eau contenant trop de produits toxiques.

En 2017, le rapport de l'association UFC-Que Choisir relayée par le journal le Figaro, révélait que plusieurs millions de français consommaient quotidiennement une eau polluée aux nitrates, aux pesticides ou encore au plomb. Pollution causé principalement par l’agriculture, mais dû parfois aussi aux défauts de surveillance et à la vétusté des installations.

Toujours en 2017, selon un précédent rapport de l’ONG Générations Futures, 50% des pesticides (ou sous-produits générés par ces pesticides) ayant conduit à déclarer des eaux du robinet non-conformes, sont potentiellement perturbateurs du système endocrinien.

Ces substances dérèglent le système hormonal et peuvent générer des maladies et des anomalies (infertilité, diabète, obésité, etc), y compris chez nos descendants.

Il y a quelques jours, cette même ONG rendait publique un rapport sur la toxicité des substances phytosanitaires décelées lors des contrôles des agences sanitaires.

Leur conclusion est sans appel :

"Ces données montrent clairement que des pesticides sont fréquemment retrouvés dans l’eau du robinet en France (dans 35,6% des analyses les recherchant)"

Les molécules les plus souvent incriminées sont des herbicides qui, bien qu’interdits depuis plusieurs années, se retrouvent encore dans la nature. L’atrazine par exemple dont l’utilisation a cessé depuis 2003 est encore présente dans notre eau malgré les normes en vigueur(2).

La plupart des pesticides sont des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire qu’ils peuvent altérer le fonctionnement de notre système hormonal(3) et générer des maladies et anomalies (infertilité, diabète, obésité, etc), y compris chez nos descendants. C’est pourquoi nombre d’entres eux sont interdits.

Une étude de l’Inserm a montré que les femmes enceintes ayant des traces d’atrazine dans leurs urines ont 70% plus de chances d’accoucher d’un enfant avec un périmètre crânien réduit(4).

On ne peut par ailleurs que s’inquiéter quant on sait que l’utilisation simultanée de 2 produits chimiques peut multiplier par 1000 la nocivité de l’un d’entre eux (effet cocktail) !

Des normes officielles fluctuantes

Or l’eau du robinet présente une multitude d’éléments nocifs, ce que l’on peut d’ailleurs vérifier soi-même en se rendant sur le site du ministère de la santé.

Ainsi, la présence de nitrates, de pesticides, de métaux lourds, d’herbicides est donc admise par les distributeurs si elle ne dépasse pas certains seuils.

Toutefois, ces seuils sont constamment modifiés, nous ne connaissons pas non plus la toxicité de certaines molécules très récentes ni l’effet cocktail que ces molécules peuvent avoir entre elles.

François Veillerette, directeur de Générations Futures explique :

« Avant 2010, dès qu’on atteignait 20% de la Vmax (valeur maximale autorisée), une interdiction temporaire de consommation était décidée par le préfet. Or depuis 2010, il faut atteindre 100% de la Vmax ».

Les seuils acceptables changent régulièrement au gré des gouvernements. Par exemple en février 2011 les seuils de tolérance auraient été multipliés par 5 (5). Une eau non potable quelques mois plus tôt l’est miraculeusement devenue !

En réalité, les normes permettent surtout de garantir que l’eau est potable d’un point de vue bactérien. Pendant l’épidémie du Covid 19 par exemple, les taux de chlore dans l’eau ont été augmentés pour prévenir tout risque de développement bactérien.

Que risque-t-on en consommant l'eau du robinet ?

Lorsque vous buvez un verre d'eau du robinet, vous ingérez les nombreux agents chimiques s'y trouvant.

Le chlore

Les produits chlorés se transforment en dérivés cancérigènes (haloformes). Plusieurs études montrent une corrélation entre la consommation d’eau du robinet chlorée et l’augmentation du risque de fausses couches chez les femmes enceintes (6).

D’autres mettent en évidence une augmentation des risques de cancers de la vessie et du colon(7). Le chlore est utilisé pour prévenir les développements bactériens.

Les pesticides

Certains pesticides comme l’atrazine par exemple, interdits depuis 15 ans en France, mais utilisés en masse avant cette date, ont ainsi contaminés les nappes phréatiques et se retrouvent toujours dans l’eau. Nous avons déjà abordé plus haut les conséquences pour la santé.

Les résidus médicamenteux

Anti-dépresseurs, traitements anticancéreux, contraceptifs, anti-inflammatoires… Les centrales d’épuration n’ont pas été conçus pour éliminer les milliers de molécules chimiques développées chaque année par l'industrie pharmaceutique. Ces molécules évacuées par les selles et urines se retrouvent ainsi dans les nappes phréatiques puis dans notre eau du robinet.

L’arsenic

Utilisé dans les activités agricoles, il est toxique par effet cumulatif et augmenterait les risques de diabète, cancer de la peau, du poumon, de la vessie et les risques de maladie cardio-vasculaires

Le plomb

En 2003 environ 8,8 millions de logements étaient encore équipés de canalisations en plomb. Le plomb est à l’origine du saturnisme et retarde le développement mental des enfants. De plus l’organisme des enfants a plus de difficulté à l’éliminer que celui des adultes. La nocivité est donc d’autant plus importante.

Néanmoins, depuis 2003 un grand nombre de travaux ont été réalisés sur les réseaux d’acheminement de l’eau et le plomb tant à disparaitre dans les mesures de qualité.

L’aluminium

Utilisé dans les stations d’épurations est un puissant neurotoxique et il favoriserait le développement de la maladie d’Alzeimer(8).

Bien que les experts de l'Afssa (Agence nationale sécurité sanitaire des aliments) conteste ce point de vu, de plus en plus de scientifiques s’inquiètent des effets nocifs de l’aluminium sur le cerveau et réclame de nouvelles études épidémiologique…

Le cuivre

Utilisé comme pesticide ou contraceptif (stérilet en cuivre). En quantité trop importante il serait réputé favoriser la maladie d’Alzeimer, le déclin cognitif, les maladies cardio-vasculaires.

Les polychlorobiphéniles (PCB)

Interdits en France depuis 1987 mais encore très présents du fait de leur grande stabilité et leur faible capacité à se dégrader. Même 30 ans après leur interdiction, les PCB sont toujours présents dans l’eau, l’air et les sols.

Notamment responsable de l’augmentation du risque de cancers, ils ont malheureusement de nombreux autres effets négatifs sur notre santé, notamment chez le fœtus et le jeune enfant (retard intellectuel, malformation, infertilité…).

D’autres effets se retrouvent également chez les personnes âgées (dégénérescence précoce, réduction de l’épaisseur des artères…)(8)

Des effets souvent sous-estimés

Malgré toujours plus d’études scientifiques démontrant la nocivité de l’eau du robinet, certains persistent à déclarer que, dans la mesure où celle-ci est consommée par de très nombreux français en bonne santé, on ne peut la qualifier de nocives.

À cette remarque totalement naïve, nous souhaiterions apporter de la perspective : de nombreux fumeurs sont en parfaites santé, ne souffrent d’aucun cancer ni problème pulmonaire et n’en auront jamais.

Pour autant, ce fait ne peut en aucun cas permettre de prouver la non nocivité du tabagisme, ce serait une ineptie totale !

Chaque personne ayant un métabolisme différents et un seuil de tolérance plus ou moins élevé personne n’est égal en terme de santé. C’est en effet l’accumulation et la combinaison de tout ces éléments toxiques qui rend malade à long terme.

On peut ainsi lire dans un dossier de recherche de l’Inserm publié en octobre 2018 :

« Ensemble, ils peuvent perturber l'organisme sans que chacun, pris isolément, n'ait d'effet. Par ailleurs, il peut y avoir des interactions entre perturbateurs endocriniens agissant par des mécanismes différents ».

En outre, étant donné le potentiel d’action à faible dose sur le long terme des perturbateurs endocriniens et autres polluants, les données mettant en évidence leur présence dans l’eau sont source d’inquiétude. Elles attestent en effet d’une exposition continue à ces polluants via l’eau de consommation.

En conclusion

La qualité de nos réserves d'eau douce est faible, les outils utilisés pour rendre compte de cette qualité ne sont pas adaptés et ne permettent souvent pas de détecter une pollution.

S'abreuver d'une eau de qualité est un pré-requis indispensable à la santé. Aussi, face au manque d'information officielles disponibles, le consommateur doit redoubler de vigilence afin d'éviter de boire une eau potentiellement néfaste à sa santé.

Cependant, comme le souligne le quotidien Match, l'eau du robinet est 65 fois moins chère que l'eau en bouteille. Consommer l'eau du robinet est, d'un point de vue économique, le choix de la raison. C'est pourquoi le recours à l'osmose inverse est une évidence : cette technique de purification permet de profiter d'une eau aussi pure que de l'eau de source tout en offrant un coût d'usage proche de celui de l'eau du robinet.

coût de l'eau du robinet contre l'eau en bouteille

Références

  1. Direction générale de la santé, BILAN DE LA QUALITE DE L’EAU AU ROBINET DU CONSOMMATEUR VIS-A-VIS DES PESTICIDES EN 2014, Communiqué officiel du Ministère des affaires sociales et de la santé, juillet 2016.
  2. (2)Chevrier, Limon, Monfort, et al., « Urinary biomarkers of prenatal atrazine exposure and adverse birth outcomes in the PELAGIE birth cohort », Environ Health Perspect., 2011
  3. Lintelmann, Katayama, Kurihara, Shore, Wenzel, « Endocrine Disruptors in the Environment », IUPAC Technical Report, Pure and Applied Chemistry, 2003
  4. Chevrier et coll., « Urinary biomarkers of prenatal atrazine exposure and adverse birth outcomes in the PELAGIE birth cohort », Environ. Health Perspect., march 2011.
  5. Instruction DGS/EA4 no 2010-424 du 9 décembre 2010 relative à la gestion des risques sanitaires en cas de dépassement des limites de qualité des eaux destinées à la consommation humaine pour les pesticides. NOR : ETSP1031820J / www.sante.gouv.fr/fichiers/bo/2011/11-01/ste_20110001_0100_0131.pdf   http://www.lesmotsontunsens.com/files/CP070212_eau-1.pd
  6. Tuthill RW, Giusti RA, Moore GS, Calabrese EJ. « Health effects among newborns after prenatal exposure to ClO2-disinfected drinking water », Environ Health Perspect., 1982
  7. Villanueva CM, Fernández F, Malats N, Grimalt JO, Kogevinas M., « Meta-analysis of studies on individual consumption of chlorinated drinking water and bladder cancer », J Epidemiol Community Health, 2003 ; published correction appears in J Epidemiol Community Health, 2005.
  8. Rondeau, Dartigues et al, « Relation between aluminum concentrations in drinking water and Alzheimer’s disease : an 8-year follow-up study », Am J Epidemiol, 2000
  9. Public health statement polychlorinated biphenyls (PCBS) », ATSDR (Agency for toxic substances and disease registry, Division of Toxicology, November 2000

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